Les livres d’occasion et moi

Posted By Svetlana Mori le 26 septembre 2017

Aujourd’hui, c’est un nouveau type d’article qui voit le jour sur le blog.

Si je me suis longtemps cantonné.e à des entrées de type « liste » (qu’il s’agisse des arrivages mensuels ou des tags), l’envie de faire « autre chose » est là depuis le début. Mais que ce soit par manque de temps ou d’idées, la chose ne s’était jamais faite. Pour ne rien arranger, mes critiques littéraires sont postées sur Babelio (et Manga Sanctuary pour les mangas donc), même si la liste figure >< ; une décision prise à l'origine parce qu'un site d'auteur ne me semblait pas l'endroit approprié pour donner un avis sur les livres des autres. En outre, j'y postais bien avant que ce site ne voie le jour, et partant du principe que celles et ceux recherchant des avis sur un livre ont plus de chance de tomber dessus là-bas plutôt qu'ici, raison de plus pour continuer comme avant.
Bref, en un an et demi, vous avez eu des listes, toujours des listes, mais pas grand-chose d’autre à vous mettre sous la dent. MAIS aujourd’hui, les choses changent ! Tadaaaaam, voici un article purement « blabla », où ça va parler des bouquins d’occasion.

Si vous me suivez régulièrement, vous savez que mon loot mensuel peut être divisé en quatre catégories : les razzias de livres payées à crédit, les réceptions de précommandes, les petits craquages ponctuels et les achats d’occasion (généralement en bouquinerie, plus rarement sur internet).

On a tous un rapport différent avec les livres. Certains n’achètent jamais neuf, que ce soit par contrainte économique ou parce qu’ils n’accordent aucune importance à l’objet-livre, seulement à son contenu. D’autres à l’inverse n’y auront jamais recours, précisément par amour des livres en tant qu’objet, étant autant lecteurs que collectionneurs. Il y a ceux qui ne garderont chez eux que les livres qui les ont marqués histoire de faire de la place, et ceux qui ne se sépareront jamais du moindre ouvrage quitte à ne plus savoir où les foutre. Et, entre les deux extrêmes, tout un éventail de nuances. Sans oublier ceux qui lisent en numérique et qui n’ont les problèmes ni des uns, ni des autres.

En ce qui concerne les livres d’occasion, il y a ceux pour qui l’état du livre importe peu, aux yeux desquels les pliures de la tranche, les cornes et le jaunissement font partie de l’histoire de l’objet. Et il y a ceux qui n’achèteront que si l’ouvrage est en (très) bon état.

De mon côté, je fais plutôt partie des maniaques. Le genre à préférer acheter neuf, à râler quand le dernier exemplaire du rayon est corné, à prendre un livre au milieu de la pile et si possible sans étiquette.

Jusqu’au jour où j’ai mis les pieds dans une bouquinerie et que j’ai pu m’offrir une dizaine de tomes pour 25€. Et où j’ai réalisé qu’acheter neuf, c’est bien gentil, mais qu’à force de cumuler les crédits (oui, pour DES LIVRES, chacun son vice), vient un moment où on ne peut plus faire ça tous les mois.

L’autre avantage qu’il y a avec les bouquineries, c’est le catalogue : là où les rayons de la Fnac et des librairies se ressemblent somme toute plus ou moins, avec pour moitié les dernières nouveautés et pour autre moitié les valeurs sûres, les rayons des magasins d’occasion n’ont absolument rien à voir. Alors oui, on y trouve (évidemment) des titres connus mais aussi et surtout… des tas de livres dont on n’a jamais entendu parler.
Parce que le marché du livre fonctionne de manière telle que les libraires sont obligés de faire des choix. De virer certains titres des rayons pour faire de la place. De sélectionner. C’est d’ailleurs pour ça qu’à peu près n’importe où, le contenu des étagères est relativement uniforme. Mais en bouquinerie, la sélection se fait à la reprise. Autrement dit, si le magasin a déjà quelques Twilight en stock, il refusera les vôtres, là où ce qu’il n’a pas encore l’intéressera. Conséquence directe, on fait BEAUCOUP de découvertes. Des séries méconnues et/ou anciennes dégagées depuis longtemps des étals des libraires. Certaines en arrêt de commercialisation depuis belle lurette. Quand on en vient à connaître le contenu de ses rayons fétiches par cœur, s’aventurer en bouquinerie, c’est comme un voyage en terre inconnue.

Et du coup infiniment plus dangereux pour le porte-monnaie que n’importe quel passage dans le magasin au carré jaune.
Parce que le double effet kiss-cool, c’est que ce qui traîne en bouquinerie peut ne pas y traîner longtemps. Ici, par exemple, la bit-lit marche bien. Du coup, si vous voyez un truc qui vous intéresse, ne comptez pas revenir la semaine d’après et l’y trouver encore à vous attendre sagement sur son étagère. Et parfois, vous ne pouvez même pas espérer trouver le bouquin en question sur le net. Ça, additionné aux tarifs attractifs (entre 3 et 7€ le livre grand format, 1 et 4€ le poche), fait que l’on a tendance à se laisser tenter par des titres que l’on aurait relégués indéfiniment sur la « to-remember-list » en temps normal. Mais, du coup, à acheter en beaucoup plus grande quantité. Quand on peut obtenir six ou sept ouvrages, dont des grands formats, pour le prix d’un seul de ces grands formats neuf, on a tendance à arriver en caisse avec une pile derrière laquelle on disparaît* et qu’on arrive à peine à porter. Et donc à dépenser des sous qu’on avait pas forcément prévu de dépenser.
*Note : je ne mesure qu’1m60, mais ça change rien au problème


moi dans une bouquinerie

Enfin, reste que cette diversité a un inconvénient : s’il est plus facile de faire des découvertes, il est aussi plus difficile de trouver quelque chose de précis. La bouquinerie, c’est donc davantage un endroit où l’on va pour flâner que pour véritablement faire ses courses livresques, sous peine de revenir bredouille.
Voilà pourquoi pour moi, c’est surtout une solution palliative, quand j’ai une méchante envie d’aller acheter des livres, de découvrir des trucs ou même d’aller simplement prendre l’air alors que j’ai quasiment plus un radis. Mais ça ne remplace pas la Fnac, où je me pointe généralement avec une liste précise, en sachant ce qui est en rayon, ce qui est à commander, avec les ISBN notés sur la feuille histoire de faire gagner du temps aux vendeurs, et en connaissant d’avance le prix de tout ça (hors les inévitables deux ou trois craquages imprévus qui vont venir foutre le bordel, évidemment). Bref, ce sont deux types de razzia totalement différents, planifié et orienté wishlist pour le neuf, totalement freestyle et achat spontané pour l’occasion. Dans le cas où le neuf est encore dispo, quand je me résous à acheter une série d’occasion sur le net, c’est souvent parce que si j’ai envie de découvrir la série, cette envie n’est pas assez forte pour payer plein pot (ou alors, que la série est longue ou plus commercialisée). Et comme je reste aussi un.e collectionneur.se qui déteste lire en numérique (mon téléphone fait pourtant partie des quelques-uns vraiment conçus pour, mais reste que j’aime pas), l’occasion est une façon de couper la poire en deux.


quelques séries que je n’aurai jamais pu (Vampire Kisses, Fast Track) ou voulu (tout le reste) découvrir en neuf

Reste que si on trouve de tout en occasion (aussi bien des livres en état neuf – voire même parfois carrément neufs – que d’autres qui ont un sacré vécu et dont la tranche est un tel accordéon qu’on ne peut même plus y lire le titre), je reste un.e gros.se maniaque en puissance. Autrement dit, à moins de tomber sur un titre wishlisté de longue date ou d’avoir un très méchant craquage, je reposerai toujours en rayon un livre trop abîmé à mon goût. Sauf rares exceptions, une pliure sur la tranche est éliminatoire. Idem pour les grosses cornes, les déchirures et les marques de crayon. Bref, quand j’achète d’occasion, je veux du très bon état, au minimum du bon état si pas le choix. Voilà pourquoi je n’aime pas acheter sur internet, c’est assez souvent quitte ou double (sauf dans le cas des artbooks : les japonais sont les pires soigneux au monde ; leur « occasion bon état », c’est notre « état neuf »). En revanche, je ne considère pas le jaunissement comme un problème, compte tenu du fait qu’il est plus ou moins inévitable (à moins d’avoir en guise de bibliothèque une chambre forte pressurisée avec régulation du taux d’humidité, ce qu’aucun d’entre nous n’a). De même, le décollement des coins des couvertures ne me dérange pas plus que ça.

Parce quand je rentre chez moi avec ou que je les reçois, j’ai un « rituel » avec les livres d’occasion.
Qui va faire grincer des dents la team « le vécu du livre ».
Consistant à retaper l’ouvrage autant que faire se peut. Ça commence par le retrait des étiquettes ou anciennes marques de colle avec un coton imbibé d’acétone. Ensuite, toute la couverture est frottée d’un autre coton cette fois imbibé d’alcool : ça permet de la nettoyer – parfois au point de récupérer ses vraies couleurs – et lui redonner son aspect brillant le cas échéant. Vient ensuite un passage de lingette sur les tranches pour ôter la poussière et autres cochonneries dues à un séjour parfois prolongé en rayon et aux nombreuses manipulations. Une fois que le livre est propre, je m’empare d’un cure-dent, d’un tube de colle liquide (la UHU Flex & Clean est très bien pour ça), écarte précautionneusement les coins de couverture à recoller, dépose une goutte de colle au bout du cure-dent et recolle ainsi tous les coins qui ont besoin de l’être. Au final, je me retrouve la plupart du temps avec un bouquin comme neuf ou presque.
Même si ça peut sembler idiot, cette façon de restaurer les livres n’est pas seulement une histoire de maniaquerie et d’avoir des livres le plus nickel possible. Je crois que c’est aussi ma façon de me les approprier, d’atténuer le fait qu’ils aient un jour été la propriété de quelqu’un d’autre. Une façon de tout remettre à zéro, en quelque sorte. Puis c’est vrai que j’aime bien m’occuper des livres, les rendre tout beaux à nouveau.

La team « vécu du livre » vous dira que les marques du temps sur un livre sont comme les rides d’une personne âgée. Qu’elles sont justement la trace de sa vie passée. Comment se sont-ils retrouvés chez le bouquiniste ? N’ont-ils pas plu, ont-ils été vendus faute de place, par besoin d’argent, pour déménager plus léger ?
La question est intéressante mais peu importe. Vraiment. Ce qui m’énerve, en somme, quand il y a une énorme corne sur un livre, c’est ce rappel constant qu’il a autrefois appartenu à quelqu’un d’autre mais surtout quelqu’un de visiblement beaucoup moins maniaque que moi. ET ON EN PARLE DES BARBARES QUI CORNENT LES COINS AU LIEU D’UTILISER UN MARQUE-PAGES ?! Tandis que dans le cas des livres état neuf, j’oublie très vite qu’ils ont été achetés d’occasion. De toutes façons, on peut difficilement acquérir entre 15 et 20 livres par mois et se souvenir X mois après d’où et comment on a acheté quoi. Enfin si, mais on n’y pense pas. On s’en fout. Sauf quand des dégâts visibles sont là pour nous faire grincer des dents…


ma hanstise quand j’achète des bouquins d’occasion sur Internet

Reste que même en étant exigeant.e sur l’état des livres, l’occasion est depuis environ un an devenu pour moi le meilleur moyen d’assouvir ma soif de découvertes et d’achats sans enfoncer mes comptes encore plus loin dans le rouge. Ou de me procurer des séries depuis longtemps épuisées.
Même si le neuf reste ma source d’approvisionnement principale, il y a des mois (généralement ceux où je ne pourrais pas faire de razzia autrement) où l’occasion devient majoritaire.

Bref, voilà, c’était un article pour parler de mon rapport aux livres d’occasion.
Et vous, achetez-vous des livres en seconde main ? En bouquinerie, sur internet ? Faites-vous partie des maniaques ou des autres ? N’hésitez pas à laisser votre avis ci-dessous !

About the author

Svetlana Mori
Auteur.e de romance fantasy et paranormal romance. Amateur.ice de dolls, livres, jeux vidéo, Domino's pizza, metal, shipspotting, courses NASCAR, etc. #TeamFuret

Commentaires

Poster un commentaire

You must be logged in to post a comment.